ENVIRONNEMENT

Cette démarche s’inscrit également dans le nouveau standard de la Joint Commission International (JCI), Global Health Impact (GHI), qui évalue l’impact environnemental des activités hospitalières sur la santé mondiale. Un sujet vaste et transversal, qui concerne l’ensemble des collaborateurs du CHEM et mobilise de nombreuses parties prenantes.
Les ambitions portées par ce chapitre rejoignent, par ailleurs, les grandes orientations nationales en matière de développement durable. Elles reflètent les objectifs de la Stratégie nationale pour une économie circulaire (SNEC), s’inscrivent dans les objectifs climatiques fixés à l’horizon 2030 et contribuent aux orientations de la Stratégie nationale de résilience (SNR).
Les initiatives présentées dans les points suivants illustrent concrètement cet engagement. Qu’il s’agisse de limiter l’utilisation de gaz anesthésiant à fort impact climatique, de réduire les déchets hospitaliers grâce à la réemploi de dispositifs médicaux ou encore de participer à la recherche de solutions innovantes pour le traitement des eaux usées rejetées, le CHEM poursuit une même ambition : concilier qualité et sécurité des soins, responsabilité environnementale et préservation de la santé humaine.
Du jetable au réemployable
Le laryngoscope est un instrument médical essentiel, notamment utilisé pour visualiser la glotte et les cordes vocales lors d’une intubation trachéale. Indispensable dans de nombreuses situations, notamment en anesthésie et en réanimation, il permet de sécuriser les voies respiratoires et d’assurer une ventilation adéquate. La partie insérée dans la gorge est appelée lame.
Jusqu’en 2025, plus de 8 000 lames à usage unique étaient utilisées chaque année au CHEM, représentant près de 600 kg de métal éliminés comme déchets infectieux, car non valorisables.
Depuis juillet 2025, cette pratique a évolué avec la mise en service de 344 lames réemployables, qui sont intégrées au circuit de stérilisation au même titre que d’autres instruments opératoires.
Cette mesure permet de réduire la production annuelle de déchets hospitaliers infectieux et se traduit par une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 12,8 to/an. Une initiative concrète qui s’inscrit pleinement dans la démarche du CHEM visant à concilier qualité et sécurité des soins avec une gestion plus responsable des ressources et un impact environnemental réduit.




Vers des soins plus durables
Le CHEM poursuit sa transition vers des pratiques toujours plus sûres et plus respectueuses de l’environnement. Parmi les évolutions récentes figure l’arrêt de l’utilisation du protoxyde d’azote – communément appelé « gaz hilarant » – distribué via un réseau centralisé.
Cette décision s’inscrit dans une démarche visant à réduire l’impact environnemental des activités hospitalières. En effet, plusieurs études ont mis en évidence un rapport bénéfice/risque défavorable pour l’utilisation du protoxyde d’azote, notamment en raison de son important impact climatique. Le N₂O est un gaz à effet de serre environ 265 fois plus puissant que le CO₂ et peut persister pendant plus d’un siècle dans l’atmosphère.
Initiée par le Comité Environnement, cette démarche fait suite aux recommandations publiées par la Société Française d’Anesthésie-Réanimation (SFAR) en juillet 2024, appelant à l’arrêt définitif de l’utilisation des réseaux de protoxyde d’azote. La décision du CHEM repose sur un consensus entre la Cellule d’Experts cliniques, la Pharmacie et les médecins-anesthésistes.
Certaines utilisations ponctuelles restent toutefois pertinentes. En dehors du bloc opératoire, le MEOPA (mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote), administré en bouteilles, conserve notamment un intérêt aux urgences pédiatriques et en médecine dentaire. Son utilisation demeure strictement encadrée, avec une formation adaptée du personnel, des conditions de ventilation et de stockage appropriées ainsi qu’un encadrement médical.
Dans cette même logique, l’installation d’un réseau d’approvisionnement en protoxyde d’azote a également été abandonnée dans le cadre de la construction du futur Südspidol.




Mieux traiter les eaux
usées hospitalières
Le CHEM participe au projet européen LIFE HIPPOCRATES, « A Holistic Approach towards onsite hospital wastewater treatment », consacré à l’analyse et au traitement des eaux usées hospitalières.
Mené en partenariat avec le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) et plusieurs institutions grecques, le projet étudie notamment la présence de contaminants préoccupants, tels que les résidus médicamenteux, dans les eaux usées hospitalières. Son objectif est d’évaluer l’efficacité de technologies innovantes permettant de traiter ces eaux directement sur site, avant leur rejet dans le réseau d’assainissement.
Deux installations de démonstration ont été mises en place dans les hôpitaux partenaires : l’une en Grèce et l’autre au Luxembourg, sur le site du CHEM à Niederkorn. Ces unités permettent de tester les procédés de traitement dans des conditions réelles et d’évaluer leur performance sur le long terme.
À travers sa participation au projet, le CHEM contribue à la recherche de solutions concrètes pour limiter la dispersion de résidus médicamenteux et d’autres micropolluants dans l’environnement, tout en développant des approches innovantes pour une gestion plus durable des eaux usées hospitalières.
Pour en savoir plus sur le projet, veuillez consulter le site du projet LIFE HIPPOCRATES



